Les membres des forces spéciales ont ainsi pu s'approcher des campements de la guérilla de si près que, le 20 février 2008, ils ont réussi à observer les otages nord-américains. L'armée a reçu l'aide d'un ancien guérillero déserteur, qui est retourné à ses anciennes activités comme infiltré.
Les responsables de l'opération Jaque ont écarté toute idée d'assaut armé. Ils ont au contraire tout planifié pour qu'il n'y ait aucun recours à la violence. Grâce à l'aide technique d'experts nord-américains, ils ont réussi à intercepter le téléphone satellite utilisé par Alfonso Cano, le successeur de Manuel Marulanda à la tête des FARC. Un officier a réussi à imiter la voix d'Alfonso Cano, ce qui a été facilité par les distorsions liées à ce système de communication, et a contacté Gerardo Aguilar Ramirez, dit "Cesar", le commandant du premier front des FARC et qui était responsable depuis cinq ans des otages.
Le supposé "Cano" a fait croire à Cesar qu'une mission internationale allait se déplacer jusqu'au site choisi sur les rives de la rivière Inirida, à 72 kilomètres au sud de San José del Guaviare. La mission internationale, lui a-t-il dit, serait composée d'hélicoptères russes MI17 peints en rouge et blanc, pareils à ceux envoyés précédemment par le président vénézuélien Chávez pour libérer d'autres prisonniers. Le faux Cano a demandé à Cesar d'accompagner les otages pour garantir la sécurité du groupe.
Mercredi matin à 5 heures, les guérilleros ont ordonné aux otages de réunir leurs affaires pour se déplacer, leur expliquant qu'un hélicoptère allait venir les chercher pour les emmener voir Alfonso Cano. Un peu avant midi, un hélicoptère blanc est arrivé et des hommes déguisés en guérilleros en sont descendus. Les otages ont fait des difficultés pour monter dans l'appareil, et Cesar a demandé qu'ils soient menottés. L'hélicoptère a fermé les portes, s'est envolé et un des hommes déguisés en membres des FARC a alors annoncé : "Nous faisons partie de l'armée nationale ! Vous êtes libres."


